Daphné Le Sergent

– GIRLS : En équilibre sur la fine pointe de l’instant, 4 février – 29 mars 2016 – Galerie Metropolis

– Overflow, 1er mai – 1er juin 2016, OÙ, Lieu d’exposition pour l’art actuel, Marseille

– Jusqu’à ce que rien n’arrive, 2 décembre 2015 – 14 février 2016, Maison des Arts de Malakoff

– Sens croisés, 14-31 octobre 2015, Cité Internationale des Arts

– Drawing Now Paris 2015, 25-29 mars 2015, Carreau du Temple

– Revers du geste, 2013 – Galerie Metropolis

– L’appartement du collectionneur, 2013 – Galerie Metropolis

– De ce qu’ils pourraient voir, 2012 – Galerie Metropolis

– Dépliements avec Aï Kitahara, La BF15, 2012

– History is another day, Galerie On, Séoul 2011

– Le long du 38ème parallèle, Centre Méditérranéen de l’Image, Château de Malves, Carcassone 2010

– Schize et frontières, Centre Culturel Corée, Paris 2009


Editions vidéo:

Daphné Le Sergent, née en 1978

vit et travaille à Paris

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Daphné Le Sergent – Artist Paper


Le travail de Daphné Le Sergent est déconcertant dans le sens ou il met à mal les certitudes du souvenir en mettant en évidence  les raccords cinématographiques de la subjectivité.

Pour évoquer les sensations du présent à travers les reconstructions de la mémoire Daphné Le Sergent utilise la métaphore de la partition politique de la Corée et celle très intime de son histoire personnelle – née en Corée et éduquée en France, ses traits asiatiques l’ont toujours renvoyée à une culture qui lui est étrangère.

Ses photos, dessins, vidéo, installations tant par l’objet que par l’aspect formel sont centrés sur les questions de mémoire, de sensation, de flou, de construction imaginaire et d’emprise sur le réel.

Le parcours perceptif de l’exposition est conditionné par l’accrochage.

Photos « 38 SPÉCIAL PLUS/  9 MM PARABELLUM »

C/Print sous diassec

Impacts de balles, vision de miroir. Impacts du réel.

PAPIERS BLANCS- « HISTORY IS AN OTHER DAY »

Gaufrages  sur papier

Blancheur lisse ; à peine rompue par le  relief des dialogues de films coréens sur la frontière. Beauté formelle du vide, présence imperceptible mais réelle des ruptures.

DESSINS –

«  D’AUSSI LOIN QUE JE TU IL PEUT VOIR »

«  DIAGONALES DU TEMPS »

Mine de plomb sur tirages photographiques

Réalité passée des enregistrements photographiques de Corée transformés par le traitement, réactivés au présent par le dessin. à dessein…

Images vaporeuses à plusieurs lectures. Mémoire de Proust ou la sensation présente vient recréer la sensation passée.

Décalages en diagonales, exprimer le raccord de la subjectivité qui devient la réalité présente.

EMPRISE

Pièces de céramique sur feuille d’or

Empreintes de l’intérieur de la main de l’artiste, réalité de la sensation tactile.

Saisir, être saisi, réciprocité , envers du geste : mémoire en creux…

SANS TITRE

Installation : photo murale + estrade de bois

Point de vue infini de la photo d’un littoral vu à travers un grillage. Devant une estrade de bois brut pour mettre en scène le paysage. Dans la réalité une photo des plages de la mer du Japon, là où on a installé des grillages pour prévenir l’infiltration d’espions Nord Coréens…

PAYSAGES LIMINAIRES

vidéo sonore sur écran, 10 min

Un écran comme le diptyque de deux histoires simultanées de la séparation Nord /Sud

A gauche : une succession d’images de Corée. Une voix d’homme parle coréen et raconte d’un point de vue affectif  et poétique la séparation, la douleur…

Un sous titrage redouble son discours.

A droite : une  autre succession d’images de Corée. Une voix de femme parle anglais et fait un récit historique, distancié, de la partition de la Corée.

Un sous titrage redouble aussi son discours.

Parfois les deux images se rejoignent dans une composition de formes comme un pont entre les deux parties du récit  mais le pont est autant l’expression de la séparation que de la réunion.

MY SPLIT EYE

Projection vidéo sonore, 8 min

La frontière – DMZ – entre les deux Corées est ponctuée d’observatoires militaires qui sont devenus des lieux de pèlerinage et de tourisme.

Il y a comme un regard aveugle qui se pose depuis ces belvédères. On ne vient pas ici regarder le paysage de la Corée du Nord mais projeter ses histoires sur la frontière.

Le rectangle blanc matérialise à la fois le cache qui empêche de voir et l’écran de cinéma de la mémoire où se projettent les sentiments sur la séparation.

Le rectangle blanc se déplace ensuite sur des images d’archives en noir et blanc : la guerre, le nom des personnes disparues …

La frontière a une histoire différente selon les points de vue du Nord ou du Sud.

La structure plastique de l’image-cache vient en résonnance avec l’idée de point de vue subjectif. Les images ne sont pas une représentation du réel mais un agencement formel d’éléments engendrant des sensations et des affects.

POLITIQUE – VISAGE

Projection vidéo sonore, 18 min

D’abord l’histoire de la Reine Min et de son éternel rival le roi Daewongun, à la façon d’un conte traditionnel.

Leur lutte pour le pouvoir est sans merci. L’une défend l’ouverture et le progrès, l’autre les traditions de l’Empire Hermite, dans un temps ou la Corée est un enjeu primordial entre ses puissants voisins la Chine, le Japon, la Russie et le jeu diplomatique européen.

La Reine Min mourra tragiquement  assassinée par les japonais en 1895.

La Reine Min exerçait une grande fascination par sa beauté. C’est de son visage qu’elle tirait toute son influence.  Elle n’est pas montrée, seule une voix incarne le mythe de sa séduction parfaite.

Ensuite images de chirurgie esthétique. Seoul est la capitale de la chirurgie esthétique. Les groupes de K-Pop ont tous le visage refait « à l’occidentale ».

Mass-Game : spectacles de masse en Corée du Nord pour remplacer le visage individuel par celui du peuple.

Le visage, en temps que signe identitaire d’une lignée génétique peut être  ré-imaginé transformé, « amélioré » par les phantasmes mémoriels.

MGV.