Margaux Fontaine

galerie METROPOLIS - Margaux Fontaine - 2014

détails de l’installation Guingette spatiale pour Ultimate Dancing (The Liar Show, acte 1, scène 1) – 2014

détails de l'installation Guingette spatiale pour Ultimate Dancing (The Liar Show, acte 1, scène 1) - 2014

détails de l’installation Guingette spatiale pour Ultimate Dancing (The Liar Show, acte 1, scène 1) – 2014

galerie METROPOLIS - Margaux Fontaine - 2014

Détails de l’installation Guinguette spatiale pour Ultimate Dancing (The Liar Show, Acte I, scène 1), techniques mixtes, dimensions variables – 2014

galerie METROPOLIS - Margaux Fontaine - 2016

Work in progress pour Opéra (The Liar Show, Acte III, scène 1) projet photographique – 2015/2016

galerie METROPOLIS - Margaux Fontaine - 2014

Work in progress pour « Parade » (The Liar Show, Acte IV, scène 1), détails des costumes de l’installation – 2015/2016

galerie METROPOLIS - Margaux Fontaine - 2015

Work in progress pour « The Liar Show Montreal », (The Liar Show, Acte II, scène 1).
Projet d’affichages publiques ayant pour finalité une série de photographies d’archives – 2015/2016

Margaux Fontaine website


Une scène, des leds clignotants, une structure hexagonale parade, pergola suspendue dans la pénombre. Accroché par un chapiteau de sangles, la marquise danse la sarabande au dessus du pavé.

Tout semble nous faire penser que quelque-chose va se passer, s’est passé.
Plumes de paons, meneuses de revue associées aux volutes de fer d’un carrousel, Las Vegas ou Disneyland ?

Des guirlandes lumineuses délimitent un espace allant de la guinguette à l’ultimate fighting. Devanture de théâtre ou de cinéma de Broadway décontextualisée, sans titre, sans date, sans façade pour la supporter, devient le pilier central d’un spectacle sans corps.

La scène couverte d’encre de taille douce ne sèchera jamais au point d’être impraticable. Présentée vide, surplombée d’images bavardes, elle est encerclée par les cordes d’un ring, aux quatre coins des piliers souffleurs affichent leurs partitions de danse. L’objet hybride rassemble des signes significatifs issus de milieux spectaculaires différents, propre à l’imaginaire collectif, réinventant chacun d’eux dans une tension commune.
L’accumulation d’affiches, sans dates ni lieux, ne nous informent pas plus sur la catégorie de l’évènement.

Immersion dans un spectacle en chantier ou les fils de la construction restent visibles (sangles, scotch, fils électriques), entre récupération et « fait main », contre la préciosité d’une pièce finie, figée. La structure démontable invite de possibles mutations pour un spectacle toujours en mouvement.

Le masque apparaît comme rituel obligatoire à l’organisation d’un événement spectaculaire. L’installation non narrative refuse l’insertion d’identités humaines. Privés de leurs rôles principaux, contrainte pour tout potentiel porteur des objets, ceux-ci laissent peu de place à la respiration ou à la vue.
Destinés à dissimuler, c’est par les choix esthétiques qu’ils dévoilent finalement un nouveau visage participant à la fiction. Ils reprennent leur statut d’œuvre d’art par la citation, entre motif baroque, objet d’art brut et esthétique du catcheur. Le paradoxe entre l’emploi de tissus nobles – soie ou cuir – contrastant avec une facture artisanale rajoute à l’ambiguïté des artefacts. De l’art à l’artisanat, du fonctionnel à l’incommode, du folklore au décor.
Leur présence illustre le fantasme d’un passage, l’incarnation de personnages oubliés, inconnus, en tissus ou en céramique ils ne sont que les médaillons d’icônes révolues.

Au fond de la salle, les facettes du spectacle brodées au dos de peignoirs cintrés finissent de composer le vestiaire.

La volonté de convoquer les différentes strates culturelles du spectacle, du forain au théâtre contemporain, s’annule par la force évocatrice de l’imagerie populaire. Ces univers distincts ainsi imbriqués deviennent les agents d’une possible fiction, hors du temps. Il s’agit de recomposer une identité, de fabriquer des images par agencements de mondes, de développer une œuvre polymorphe mettant en scène une déconstruction des codes entre le scénique et le sculptural.

Margaux Fontaine