Exposition « No Hope No Fear » – Johann Rivat

23 mars – 11 mai 2013

 

« POLTERGEIST »

 

La peinture se livre à une espèce de libre adaptation de « Poltergeist », film d’horreur des années 80 où les personnages passent derrière l’écran, dans la lumière cathodique d’un poste de télévision…

Trouée vers l’au-delà infernal, sas entre le monde des vivants et celui des morts, ce tunnel ne se matérialise que par un écran de fumée blafarde ou encore par la neige cathodique.

 

Les toiles de Johann Rivat grésillent d’une zone blanche et brillante un peu similaire… une caravane, à la carrosserie métallique, gris rutilant, se met sous les coups de pinceaux à luire d’un étrange éclat. Eclat spectrale qui pourrait dire quoi ? Que ces personnages dont on a suivi la trace jusqu’ici se sont évaporés… dans ces zones de peinture vibrantes… pour finir s’évanouir dans le paysage, dans ces éléments qui le ponctue. Mais qu’en s’éclipsant ainsi, ils ont laissé derrière eux, cet espèce d’halo, de nébuleuse de couleur blanche rayonnante teintée de jaune, de mauve, d’ocre, de rouge.

Or, si les œuvres s’attachent ainsi à mettre en scène avec les accents du genre fantastique, ce motif paradoxal de la disparition (ils y sont sans y être, ils y étaient mais y sont toujours…), c’est que la peinture elle-même, aujourd’hui, est un fantôme : hantée par les maîtres anciens, survivante après le démontage en règle que les avant-gardes lui infligèrent, elle erre au milieu des autres pratiques, telle les zombies de Romero au milieu du supermarché.

 

La peinture ne se pense aujourd’hui, et sans doute ne se pratique, que dans ces zones blafardes et désertées, recoins marginaux entre deux eaux, où son éclat se ravive au contact de quelques initiés.