Exposition « Rien n’a d’importance » – Delphine Gigoux-Martin

 

16 novembre 2011 – 12 janvier 2012

 

En superposant plusieurs techniques de représentation, sculptures-installations vidéo-projections, dessins fixes, Delphine Gigoux Martin reconnecte et réagence différents niveaux de perception pour proposer un autre rapport au monde.

 

Dans Cosmos (2011, installation), tracées au fusain à même les murs de la galerie, d’élégantes silhouettes d’arbres sont ponctuées par le velours noir de mouches mortes.

Sensations déconcertantes de fascination et de dégoût, troublées par le calme paisible de l’espace blanc. Glissement d’un niveau de réalité à l’autre (mouches véritables, illusion de forêt) pour une impression de beauté silencieuse et immobile.

 

La Rôtisserie de le Reine Pedauque (2007, installation motorisée et projections vidéo).

Au sous-sol de la galerie, une machinerie répète les cercles sans fin, d’oies embrochées en plumes dans un espace défragmenté par des projections de dessins animés d’oiseaux en vol.

Le télescopage narratif de la représentation simultanée de la liberté du vol et des oies embrochées nous rappelle que l’animal est comestible et même un plat de fête.

Cette mise en tension a une étrange saveur qui révèle autant la générosité de la nature que le gourmand qui est en chacun de nous.

 

Dans Cheval (2009, dessin), l’image d’un cheval puissant, figure unique dans l’espace de la feuille, devient une sensation de cheval plus qu’une représentation.

Le dessin over-size invite le spectateur à danser avec l’animal.

 

Dans le travail de Delphine Gigoux-Martin, l’absurdité de notre rapport au monde est perceptible d’emblée.

 

« Au gré de l’effet de décalage volontaire entre les différents mode d’expression et les lignes de narration, se dessine une sorte d’anamorphose intellectuelle »